Pourquoi Francejetequitte.com ? L’histoire d’un nom qui a fait peur à tout le monde

Pourquoi Francejetequitte.com ? L'histoire d'un nom qui a fait peur à tout le monde

En une phrase

Francejetequitte.com est né en 2016 d’un mélange d’instinct entrepreneurial, d’envie de liberté et d’un nom volontairement provocateur — dans une époque où personne ne faisait de contenu francophone sur l’expatriation, et où le dropshipping aurait pu me rendre riche si j’avais persévéré.


2014 — Le dropshipping avant que le monde ne sache ce que c’est

Avant France Je Te Quitte, il y a eu une autre histoire. Une histoire que j’aurais dû poursuivre.

En 2014, un contact aux États-Unis me montre comment fonctionne le dropshipping. À l’époque, personne n’en parle en France. Personne. Le mot n’existe même pas dans le vocabulaire des entrepreneurs francophones. Shopify est encore un petit outil canadien que les Européens ignorent. Oberlo n’existe pas encore (il sera lancé en 2015). AliExpress est un site obscur où seuls les Américains vont chercher des bijoux à 40 centimes.

Mon contact m’explique le principe : tu crées une boutique en ligne, tu listes des produits que tu ne possèdes pas, et quand quelqu’un achète, le fournisseur chinois envoie directement au client. Toi, tu gardes la marge. Pas de stock. Pas d’entrepôt. Pas de risque.

J’essaie. Ça marche. Pas massivement, mais ça fonctionne.

Et puis je laisse tomber.

Pourquoi j’ai lâché

Ce n’est pas la paresse. Ce n’est pas le manque de résultats. C’est la vie qui explose.

Après 12 ans de vie commune et 2 enfants, mon couple se déchire. Le divorce tombe. Les procédures démarrent. Les avocats, les courriers, les audiences, les nuits sans dormir. Ma tête est ailleurs. Complètement ailleurs. Impossible de me concentrer sur un business qui demande de l’attention quotidienne, des tests de produits, des campagnes pub à optimiser.

Quand ta vie personnelle s’effondre, tu cherches un exutoire. Certains tombent dans l’alcool. D’autres dans le travail compulsif. D’autres encore dans la colère.

Moi, je suis tombé dans le voyage.

Pas le voyage carte postale. Le voyage comme fuite. Comme thérapie. Comme seule façon de respirer quand tout autour de toi se contracte. Prendre un avion, atterrir dans un pays où personne ne te connaît, où tes problèmes n’existent pas, où le bruit du tribunal est remplacé par le silence d’un temple au lever du soleil.

C’est ça qui a tué le dropshipping pour moi. Pas le modèle. Le timing de ma vie.

Le regret

Aujourd’hui, en 2026, le dropshipping est connu de tous. Il est dénoncé sur YouTube, moqué sur TikTok, régulé par les plateformes. Mais en 2014 ? C’était un terrain vierge. Les gens ne savaient même pas que ça existait. Facebook Ads coûtait trois fois rien. La concurrence était quasi nulle.

Si j’avais persévéré, j’aurais eu deux ans d’avance sur toute l’Europe francophone. Comme d’habitude, en Europe, on a 2 à 3 ans de retard sur les tendances américaines. Ceux qui ont tenu en 2014-2015 sont devenus millionnaires en 2017-2018 quand le modèle a explosé.

Mais je ne l’ai pas fait. J’ai bifurqué vers le blogging. Et de cette bifurcation est née autre chose.


La rencontre avec Olivier Roland — et le déclic du blogging

En 2016, je retombe sur le sujet. Je veux retenter le dropshipping ET le blogging en même temps. C’est à ce moment que je découvre Olivier Roland.

Olivier, c’est un entrepreneur français installé à Londres (comme moi plus tard). Il a quitté l’école à 18 ans, créé sa boîte à 19, et transformé son blog « Des livres pour changer de vie » en véritable business. Son livre Tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études est devenu un bestseller.

On échange sur le blogging. Sa vision est claire : un blog bien construit, c’est un actif. Ça travaille pour toi 24h/24. Ça crée une audience. Ça génère du revenu passif. Et surtout — ça te positionne comme expert sur un sujet.

Je me dis : OK, le blogging me parle plus que le dropshipping. C’est plus aligné avec qui je suis — quelqu’un qui raconte, qui partage, qui s’exprime. La radio m’a formé à ça. Le dropshipping, c’est de l’exécution pure. Le blogging, c’est de la création.

Reste la question : un blog sur quoi ?


« Qu’est-ce que je peux raconter ? »

  • Je vis déjà à l’étranger. Mon parcours est atypique — cuisine, radio, musique, expatriation. Et je me rends compte d’un truc : il n’existe quasiment aucun contenu francophone sur le fait de quitter la France. Pas de vlog. Pas de blog personnel. Pas de témoignage brut d’un mec qui est parti et qui raconte ce que c’est vraiment.

Il y a des guides administratifs. Il y a des forums d’expatriés qui se plaignent. Mais personne qui dit, avec sa vraie voix, face caméra ou à l’écrit : « Voilà ce que ça fait de partir. Voilà ce que j’ai découvert. Voilà ce que je ne regrette pas. »

TikTok n’existe pas encore. Instagram est encore une app de photos filtrées. YouTube francophone est dominé par les gamers et les humoristes. Le créneau est grand ouvert.

Et le nom s’impose comme une évidence :

France, je te quitte.

C’est clair. C’est direct. C’est provocateur. C’est un statement. Comme une lettre de rupture adressée à un pays.


« Tu es fou » — la réaction de tout le monde

Quand j’annonce le nom du blog, c’est la panique autour de moi.

« Les impôts vont te tomber dessus. » — Parce qu’apparemment, dire publiquement qu’on quitte la France, c’est comme agiter un drapeau rouge devant le fisc. Les gens étaient persuadés que ça allait déclencher un contrôle fiscal.

« L’avocate de ton ex va s’en servir contre toi. » — Le divorce. Les enfants. Le blog comme preuve que je « voulais fuir ». Que je n’étais pas un père responsable. Que je mettais mes projets personnels avant mes gamins.

« Tu vas avoir des problèmes avec la justice. » — Comme si bloguer sur l’expatriation était illégal.

Tout le monde avait peur. Sauf moi. Parce que je savais une chose : ce nom allait faire réagir. Et dans le monde du contenu, faire réagir, c’est exister.


Ce qui s’est réellement passé — le négatif

Les pessimistes n’avaient pas entièrement tort.

Le blog a effectivement été utilisé contre moi dans la procédure de divorce. Pas directement pour le contenu — mais pour le principe. L’avocate adverse a obtenu une interdiction de sortie du territoire pour mes enfants. Un Français qui n’a « pas de famille à Londres » n’a pas le droit d’emmener ses enfants de 4 et 7 ans hors de France, selon le juge de première instance.

Mon père vit au Qatar. Mais ça ne comptait pas. La logique du tribunal : pas de famille au Royaume-Uni = risque de non-retour.

J’ai fait appel. Et j’ai gagné.

Le droit européen (et post-Brexit, le droit britannique) est clair : une pièce d’identité suffit pour voyager en Europe avec ses enfants. La solution trouvée : elle garde les cartes d’identité des enfants, moi j’ai les passeports. Le juge a tranché. Les enfants voyagent.

Mais ça a pris des mois. De l’énergie. De l’argent. Et une dose de stress que je ne souhaite à personne.


Ce qui s’est réellement passé — le positif

Et puis il y a eu le remède.

Tu sais, quand tu sors d’une séparation déchirante après 12 ans, quand les procédures te bouffent de l’intérieur, quand tu ne sais plus très bien qui tu es ni où tu vas — il te faut quelque chose. Quelque chose qui te rappelle que le monde est plus grand que les quatre murs d’un tribunal.

Pour moi, ça a été le voyage. Et le blog en a été le journal.

La Thaïlande. Le Laos. Le Vietnam. Le Cambodge. Les temples d’Angkor Wat au lever du soleil, quand la brume se lève sur les pierres millénaires et que tu es seul face à quelque chose de plus ancien que tous tes problèmes. Les marchés flottants où des femmes te sourient en te tendant un bol de soupe à 6h du matin. Les moines bouddhistes qui marchent pieds nus dans le silence de l’aube. Les plages désertes de Ko Phangan un mardi matin, quand il n’y a que toi et le bruit des vagues.

Ce n’était pas du tourisme. C’était de la reconstruction.

Chaque voyage me remettait debout. Chaque départ me rappelait que la vie ne se résume pas à des documents juridiques et des audiences au palais de justice. Que mes enfants méritaient un père qui se relève, pas un père qui s’effondre.

Des souvenirs construits et partagés avec eux, avec mes proches, dans une époque où le monde allait mieux. Où le commerce de proximité n’était pas en train de mourir. Où les gens voyageaient sans se prendre la tête avec des formulaires sanitaires ou des passeports vaccinaux. Où on pouvait encore prendre un billet d’avion sans avoir l’impression de remplir une déclaration d’impôts.

Le blog a documenté tout ça. En vidéo. En texte. Avec la voix que la radio m’avait donnée. Sans filtre. Sans mise en scène. Juste la vérité d’un homme qui se reconstruisait un pays à la fois.

Et les gens ont suivi. Parce que c’était authentique. Parce qu’ils sentaient que ce n’était pas un influenceur qui posait devant un coucher de soleil pour vendre du rêve. C’était quelqu’un qui avait besoin de ce coucher de soleil pour survivre. Et ça, les gens le reconnaissent.

Francejetequitte.com a été le premier blog francophone sur « quitter la France ». Avant les digital nomads. Avant les influenceurs voyage. Avant les coaches en expatriation qui pullulent aujourd’hui. Né de la douleur d’une rupture. Nourri par la beauté du monde. Devenu une marque.


2026 — Le blog a évolué. Comme moi.

Aujourd’hui, le blog ne parle plus de voyages en sac à dos. Il parle d’entrepreneuriat. De tech. De construction. Parce que ma vie a changé. Et le blog suit la vie.

Mais le nom reste. France, je te quitte. Parce que c’est toujours vrai. Je suis parti. Je vis à Londres. Je construis Komby. Et le blog est devenu le journal de bord d’un entrepreneur français qui a choisi de se construire ailleurs.

Le nom qui faisait peur à tout le monde en 2016 est devenu une marque. Une identité. Un héritage.

Et franchement ? Je n’ai jamais eu de problème avec les impôts.


Ce que j’ai appris de cette aventure

  • Le timing est plus important que le talent. J’aurais dû persévérer dans le dropshipping en 2014. L’avance de 2-3 ans sur le marché était inestimable.
  • Un nom provocateur, ça marche. Les gens m’ont dit que j’étais fou. Mais ce nom, ils s’en souviennent tous.
  • Le contenu authentique bat toujours le contenu corporate. Aucun site d’assurance expatrié ne peut raconter ce que j’ai vécu. C’est ma force.
  • Les problèmes juridiques se résolvent. Le blog a été utilisé contre moi — et j’ai gagné. La peur des autres ne doit jamais dicter tes décisions.
  • Quand tu crées quelque chose de premier, tu gardes une longueur d’avance. Même 10 ans plus tard, l’autorité du domaine, l’historique, le vécu — tout ça compte.

Francejetequitte.com a été créé en 2016. C’est le premier blog francophone sur « quitter la France ». Aujourd’hui, il documente le parcours d’Alexandre Auger — de la radio au SaaS, de Bangkok à Londres, de l’expatriation à l’entrepreneuriat tech.

Dernière mise à jour : juin 2026.

Alexandre Auger
Alexandre Auger

Entrepreneur français expatrié depuis 2016. De la radio à la tech, de Bangkok à Londres en passant par Hong Kong et Montréal. Fondateur de Komby (SaaS/IA). Ce blog raconte le voyage.

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